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Anxiété et hypnose : quand l’anticipation tourne en boucle

28 sept.
4 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 5 heures

Face à un examen, un rendez-vous médical ou une décision importante, il est naturel de se projeter dans la situation. Mais lorsque ces scénarios tournent en boucle, ils peuvent alimenter le stress et entretenir l’anxiété, au point parfois de conduire à l’évitement. Il est toutefois possible d’interrompre cette boucle et de construire une autre manière d’anticiper un événement.



Stress, peur, anxiété, angoisse, panique, phobie… de quoi parle-t-on ?


Dans le langage courant, ces mots se mélangent facilement alors qu’ils désignent des expériences distinctes, qui peuvent se succéder, se recouvrir ou s’alimenter face à une même situation. Pour illustrer ces différences, prenons l’exemple d’un rendez-vous chez le dentiste.


Lorsqu’un tel rendez-vous est perçu comme une contrainte, l’attention se mobilise et le corps se met en alerte. La tension monte, puis retombe généralement une fois la situation passée. C’est le stress, une réponse d’adaptation.


Dans les jours qui précèdent, la personne peut imaginer la douleur, un diagnostic inquiétant ou l’impossibilité d’interrompre le soin. La situation reste à venir et pourtant l’alerte est déjà là. C’est l’anxiété, qui se nourrit de ce qui pourrait arriver. Les scénarios envisagés entretiennent les réactions du corps. En retour, ces réactions rendent les scénarios plus crédibles. Stress et anxiété peuvent alors s’alimenter mutuellement.


Le jour du soin, la douleur redoutée ou le bruit d’un instrument peuvent être perçus comme les signes d’un danger immédiat. La peur apparaît alors et prépare la personne à réagir.


L’attaque de panique, couramment appelée crise d’angoisse, désigne un épisode de peur soudaine et intense. Elle s’accompagne de réactions telles que des palpitations, des vertiges ou une sensation de perte de contrôle. Cette peur peut être déclenchée par une situation redoutée, mais elle peut aussi surgir sans danger ni déclencheur évident.


Une attaque de panique peut rester isolée. Le trouble panique, lui, se caractérise par des attaques répétées et inattendues, ainsi que par une crainte persistante de leur retour, qui entretient l’anxiété entre les épisodes.


La phobie est une peur intense et persistante associée à un objet ou à une situation précise. Disproportionnée par rapport au danger réel, elle peut se déclencher à la simple évocation de ce qui est redouté. Lorsqu’une personne repousse régulièrement ses soins ou renonce à consulter pour éviter cette réaction, la peur commence à organiser ses décisions et à retentir concrètement sur sa vie.


Quand parle-t-on de trouble anxieux ?


La peur et l’anxiété peuvent rester ponctuelles et s’apaiser une fois la situation passée. Lorsqu’elles deviennent intenses, persistent dans le temps et provoquent une souffrance importante ou des limitations dans la vie quotidienne, on parle de trouble anxieux. Il peut notamment se manifester par des inquiétudes récurrentes, des réactions physiques ou des comportements d’évitement.


Les troubles anxieux regroupent notamment l’anxiété généralisée, l’anxiété sociale, le trouble panique, l’agoraphobie (aussi appelée phobie sociale) et les phobies spécifiques. Pour approfondir le fonctionnement des phobies, vous pouvez consulter l’article Phobies et hypnose : rééquilibrer le système d’alarme.


Comment la boucle de l’anxiété s’entretient 


L’anxiété se maintient parfois sans que la situation redoutée se présente. Les mêmes scénarios reviennent d’eux-mêmes, en images ou en pensées, et l’alerte se réactive.


La personne cherche alors à faire retomber la tension. Elle annule un rendez-vous, renonce à prendre la parole ou évite certains déplacements. C’est l’évitement. Elle peut aussi faire ce qu’elle avait prévu tout en cherchant à se rassurer, en demandant à être accompagnée, en multipliant les vérifications ou en préparant chaque détail. C’est la réassurance.

Ponctuelle, elle aide parfois à agir. La difficulté apparaît lorsqu’elle devient indispensable et que la possibilité d’agir dépend de conditions qui ne sont pas toujours réunies et qui peuvent peser sur l’entourage.


Sur le moment, l’évitement et la réassurance soulagent. Lorsqu’ils se répètent, ce soulagement renforce le comportement qui l’a produit, tandis que la situation redoutée conserve son caractère menaçant. Ce renforcement crée un cercle vicieux. Plus la personne recourt à l’évitement ou à la réassurance, plus ces stratégies s’imposent la fois suivante. Peu à peu, elles prennent de la place et limitent ses choix. Le système d’alarme, dont la fonction est de la préparer à réagir, finit par l’empêcher d’agir.


Les accompagnements et la place de l’hypnose


Si vous vous reconnaissez dans ces mécanismes, des solutions existent. Le choix de l’accompagnement dépend de l’intensité de l’anxiété, de sa durée et de la place qu’elle prend dans le quotidien.


Le travail hypnotique se prête particulièrement bien aux anxiétés liées à un contexte identifiable, comme un examen, le permis de conduire, une prise de parole, un soin ou un voyage en avion. Il peut également accompagner de nombreuses peurs et phobies. Une méta-analyse publiée en 2019 conclut à une diminution de l’anxiété, avec des effets plus importants lorsque l’hypnose complète une autre approche psychologique.


En séance, le travail commence par préciser ce que la personne souhaite pouvoir vivre ou faire différemment. Il porte ensuite sur les scénarios qui reviennent, les sensations qui déclenchent l’alerte, l’attention portée aux dangers perçus ou imaginés et les réponses devenues automatiques. Une autre manière de traverser la situation peut d’abord être expérimentée en imagination, puis dans la réalité.


Lorsque l’anxiété provoque une souffrance importante, limite fortement la vie quotidienne ou s’inscrit dans une situation plus complexe, un suivi médical ou psychologique peut être nécessaire. Les thérapies cognitivo-comportementales sont aujourd’hui les approches les mieux documentées pour les troubles anxieux et un traitement médicamenteux peut parfois être proposé par un médecin. L’hypnose peut alors trouver sa place dans un accompagnement plus large.


L’objectif est que l’anticipation retrouve sa fonction de préparation et soutienne à nouveau l’action.


Si l’anxiété vous conduit à éviter certaines situations ou à renoncer à des projets importants, appelez-moi ou écrivez-moi pour prendre rendez-vous.



 
 

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